© Les Poètes de la Cité 2013
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Les Poètes de la Cité

Brigitte Frank Brigitte Frank
Ouvrages personnels « Poèmes d’Ambre » 2013 « Petite philosophie du quotidien » 2016 Pour commander :            brigittefrank@bluewin.ch Prix obtenus Printemps des poètes à Gex, concours de poésie 1er prix en 2008, 2011 et 2013
TU NE POUVAIS PAS SAVOIR, MAMAN Tu ne pouvais pas savoir, maman Que de perdre un enfant Ça fait tout noir dedans. Tu ne pouvais pas savoir Que du haut de mes deux ans Ton chagrin de maman C’était comme un trou noir Tu ne pouvais pas savoir, maman Tu ne pouvais pas le voir Je me noyais dedans C’était immense, c’était trop grand C’était une montagne de géant J’avais perdu tout mon soleil Ton sourire doux comme du miel Et j’ai absorbé tout ce noir Et j’en ai pétri ma mémoire Il était là, dans ma poitrine Dans mes humeurs, dans mes urines Il a brouillé les pistes La vie c’était la mort Un chagrin qui ne se dit Est un chagrin maudit Puis très tard dans ma vie J’ai revu ce trou noir J’ai touché le mur noir Ma mémoire a pris corps J’ai refait la lumière  Et j’ai dis à mon frère « Tu étais beau vivant »  Et j’ai dis à ma mère « Tu rejoins ton enfant » Tu ne pouvais pas savoir, maman Tu ne pouvais pas savoir
LES VOIX DU POEME Une voix hurle sur les mots La colère sans fond La haine sans visage Et l’envie de tuer Une voix pleure sur la rime C’est un enfant perdu Ou la mort d’un proche Qu’on ne reverra plus Une voix chante une chanson Une berceuse au nourrisson Histoire de pirates aux garçons Rythme de valse qui tourne rond Une voix sourit à la vie Décrit ses beautés, ses langueurs Dit la mésange et le bouleau Et puis la caresse de l’eau Une voix joue avec les mots Vision d’un puzzle explosé Qui retrouve soudain la clé D’une musique inachevée Une voix raconte au passant Témoin de ce qui a été L’histoire étonnante et prenante De ceux qu’on ne peut oublier Une voix parle de l’intime Et toute l’humanité danse Comme une foule qui s’avance  Par un seul être qui s’exprime Quand toutes les voix se sont tues Epuisées, exsudées, apaisées Comme si l’on avait toujours su Cet aboutissement annoncé Du poème ne reste qu’un point Somme de toutes les connaissances Petite planète qu’on voit au loin Plongée au milieu du silence.
Née en 1948 à Dijon, France En 1973, je lâche l’économie pour la création de tapisseries contemporaines. Je crée, j’enseigne, j’expose matières et couleurs. Puis le yoga  professionnel, travail sur le corps et l’être. Enfin l’écriture et le dessin Pour moi, la poésie  est l’écriture de l’âme.